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Massothérapeutes de Nordik Spa Village, à Chelsea : 143 présumées victimes d’agression sexuelle

Camille Turgeon

Selon une action collective autorisée par la Cour supérieure le 2 octobre dernier, les gestes allégués auraient été commis entre 2007 et 2026 par au moins 36 massothérapeutes.

Bien que divers gestes ont été allégués, la plupart sont des actes de voyeurisme ou d’attouchements aux parties génitales.

En un an, 143 personnes se sont manifestées auprès du cabinet Lambert Avocats pour dénoncer les agressions sexuelles.

Selon l’action collective, plusieurs personnes auraient dénoncé ces gestes au spa, mais on leur aurait offert une carte-cadeau pour revenir à l’établissement.

Qui plus est, certains certains massothérapeutes visés seraient demeurés en poste après les signalements.

« On allègue effectivement que le spa était au courant en raison des antécédents criminels de certains des massothérapeutes en raison des dénonciations de certaines des agressions sexuelles. »
Me Philippe Brault, avocat chez Lambert Avocats.

Le bureau des enquêtes du Service de la Sécurité publique MRC des Collines-de-l’Outaouais a confirmé qu’ils ont traité 16 dossiers de nature sexuelle entre 2010 à aujourd’hui, mais que ce ne sont pas tous de dossiers impliquant des massothérapeutes.

De son côté, le Nordik Spa Village a affirmé par écrit que l’autorisation de l’action collective ne constitue pas une décision sur le fond des allégations qui seront examinées par le tribunal lors des prochaines étapes judiciaires.

L’établissement a également déclaré prendre toutes les mesures nécessaires afin d’assurer un environnement respectueux, sécuritaire et digne de confiance pour sa clientèle, ses employés et ses professionnels.

Un enjeu d’encadrement

Le Réseau des massothérapeutes professionnels du Québec, qui représente les massothérapeutes, soulève également un enjeu d’encadrement : puisque la profession n’est pas régie par un ordre professionnel, les massothérapeutes sont membres de différentes associations.

« Une personne qui est radiée par notre association aujourd’hui peut continuer d’offrir ses services en massothérapie demain matin. À moins qu’il y a un tribunal, un tribunal qui lui interdise. »
Etienne Durand, directeur général du Réseau des massothérapeutes professionnels du Québec.

Le Réseau estime qu’il faut renforcer les balises entourant la pratique, et pour ce faire, il travaille avec les cinq autres principales associations de la province sur le dépôt d’un projet de loi hors système professionnel.

On souhaite réserver le titre de massothérapeute au Québec pour ainsi être capable de radier la personne de la profession.

Le Réseau a également rappelé que les professionnels ont la responsabilité déontologique d’informer le patient de quoi le soin est constitué et de respecter en tout temps les limites et le consentement de leurs clients.

Avec les renseignements de Kémilia Laliberté.