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Agressions sexuelles présumées au Nordik Spa Village : L’affaire ravive des souvenirs traumatisants

Camille Turgeon

Quand Amélie Cloutier Bastien a appris que plus d’une centaine de personnes auraient été victimes d’agressions sexuelles au Nordik Spa Village de Chelsea, son propre traumatisme est remonté à la surface.

« Il m’a dénudé, frotté les seins même jusqu’au mamelons en me disant, ‘Ah ça, tu vas voir! Ça, c’est bon pour le lait, la production de lait’. Puis des contacts physiques dans l’entre cuisses, des massages un peu trop proches des fesses. Puis il prenait ma main et la frottait sur son érection. »
Amélie Cloutier Bastien.

Son agression sexuelle aurait été perpétrée par un massothérapeute dans un autre centre de villégiature au Québec alors qu’elle était enceinte.

Sous le choc, elle serait restée figée pendant tout le massage, son corps dissocié de son esprit.

Selon la coordonnatrice aux communications et aux relations publiques du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels, trois réactions à une agression sexuelle sont principalement observées : fuir, combattre ou, dans la majorité des cas, figer.

Ainsi, ne pas combattre ou ne pas fuir n’est pas synonyme de lâcheté; c’est la façon inconsciente, involontaire du cerveau, qui se met en mode survie.

À l’époque, elle avait choisi de garder le silence et de ne pas dénoncer, décision qu’elle n’arrive toujours pas à rationaliser et qui lui fait toujours sentir de la culpabilité aujourd’hui.

« Peut-être que par mon inaction, il y a eu d’autres victimes. Je relativise tout ça en disant que ce n’est pas moi, l’agresseur. Je n’ai rien demandé. »
Amélie Cloutier Bastien.

Toutefois, la non dénonciation n’est pas chose rare. Pour plusieurs victimes, porter plainte signifie revivre le traumatisme, dans un processus judiciaire souvent long et éprouvant, d’où l’importance d’être bien accompagnée et outillée et de recourir à de l’aide professionnelle.

En prenant la parole aujourd’hui, Mme Cloutier Bastien espère contribuer à changer les mentalités et à mieux sensibiliser la population aux violences sexuelles.

Des réactions qui choquent

Après avoir partagé son histoire sur les réseaux sociaux, Amélie Cloutier Bastien aurait reçu le témoignage de 15 autres femmes qui affirment avoir vécu des situations semblables.

Malgré tout, des réactions à son témoignage, et à ceux d’autres victimes, l’ont profondément ébranlée : elle a reçu des questions très culpabilisantes telles que, « Pourquoi tu ne t’es pas levée? » et « Pourquoi tu n’es pas partie? ».

Selon le CAVAC, même s’il semble anodin, ce type de commentaire crée de la revictimisation. L’organisme préconise un discours conscencieux à l’égard des personnes victimes d’agression sexuelle.

Avec les renseignements de Kémilia Laliberté.