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Élections provinciales | Action Santé Outaouais met en garde contre le privé et les transferts hors-région

Camille Turgeon

Face à la position de certains partis politiques d’accorder une plus grande place au secteur privé dans la santé, Action Santé Outaouais craint qu’un plus grand recours au privé et aux transferts de patients pour des chirurgies aggravent la crise en santé dans la région.

Alors que la campagne provinciale bat son plein, Action Santé Outaouais met en garde contre les propositions d’intensifier les transferts de patients hors-région et de recourir au privé pour les chirurgies.

« En Outaouais, si la privatisation de la santé fonctionnait, on le saurait. »
Mathieu Charbonneau, directeur d’Action Santé Outaouais.

Selon l’organisme, de telles mesures risquent d’amplifier le problème à long terme.

La présidente de l’Association québécoise de chirurgie, qui exerce en Outaouais, abonde dans le même sens et préconise le renforcement du réseau publique.

Elle soutient que les blocs opératoires des hôpitaux publics de la région sont sous-utilisés : avant la pandémie, chaque chirurgien avait 6 à 8 journées opératoires chaque mois; aujourd’hui, c’est 2 à 3 journées.

« On ne peut pas demander à des chirurgiens de rester en Outaouais, de voir des patients, mais de ne jamais les opérer. Ça ne fait pas partie de notre travail. On est là pour opérer les gens. Et puis, si on ne retourne pas à un niveau acceptable d’offre chirurgicale, on va continuer à perdre les gens. Et actuellement, on perd les anesthésistes en raison de ce problème-là. »
Dre Nancy Roy, présidente de l’Association québécoise de chirurgie.

Néanmoins, un chirurgien qui préside la Fédération des médecins de pratique privée croit qu’il ne faut pas « diaboliser » pour autant le recours au secteur privé.

Il a expliqué qu’en raison du manque de ressources aux hôpitaux de Gatineau et de Hull, les patients de l’Outaouais se déplacent à Montréal et paient de leur poche pour obtenir des soins plus rapidement.

Selon lui, il faudrait offrir une solution mixte avec un encadrement, ce qui permettrait aux patients d’obtenir des soins de meilleure qualité dans de meilleurs délais.

Invité à réagir, Santé Québec Outaouais a répondu qu’il mise sur plusieurs mesures complémentaires pour améliorer l’accès aux chirurgies, dont le développement de sa capacité chirurgicale, le recrutement de professionnels, le recours aux centres médicaux spécialisés, l’optimisation des corridors de services et l’implantation de nouvelles technologies.

Avec les renseignements de Louis-Charles Poulin.