Violents orages : Les assureurs demandent plus de prévention pour faire face aux événements météorologiques extrêmes
Le Bureau d’assurance du Canada estime que les violents orages qui ont frappé l’Ontario et le Québec entre le 30 juin et le 3 juillet ont causé 439 millions de dollars de dommages assurés.
Le 1er juillet, 118 millimètres de pluie sont tombés sur la capitale, un record, et au total, les autorités locales ont rapporté plus de 4 500 inondations de sous-sols.
Selon Hossein Bonakdari, professeur agrégé à la faculté de génie à l’Université d’Ottawa, ces événements démontrent que les maisons, les systèmes de drainage et les infrastructures sont de plus en plus exposées à ce type d’événements, qui peuvent causer énormément de dommages en très peu de temps.
« Ça envoie un signal très clair que pour nous, que les phénomènes météorologiques, on ne parle plus de l’impact futur de ces phénomènes-là. Présentement, c’est un coup qui explose, puis ça impacte les gens à la maison. »
Maximilien Roy, vice-président, Stratégie, Bureau d’assurance du Canada.
En effet, au cours des dix dernières années, les dommages assurés liés aux phénomènes météorologiques extrêmes ont atteint en moyenne 3,7 milliards de dollars par année au pays.
Le Bureau d’assurance du Canada demande ainsi aux gouvernements d’investir davantage pour mieux protéger les collectivités contre ces événements extrêmes, en particulier au niveau des infrastructures, qui ne suffisent plus.
Entre-temps, les assureurs invitent les propriétaires à bien vérifier leur couverture d’assurance et à prendre des mesures préventives, comme l’installation de clapets antiretour, afin de limiter les risques d’inondation.
Violents orages du 1er juillet
Le 1er juillet, une tempête a forcé l’annulation des activités et des feux d’artifice de la fête du Canada, ravagé la végétation, engendré bien des dégâts et provoqué beaucoup de pannes d’électricité à Ottawa et partout en Outaouais, mais surtout dans le Pontiac et la Vallée-de-la-Gatineau.
Plus de 100 mm de pluie sont tombés dans la région, amenant le total de précipitations à plus de 150 mm de pluie en juillet, le double des quantités normales, selon Simon Legault, météorologue chez Environnement Canada.
Au plus fort de l’orage, près de 18 000 clients d’Hydro-Québec ont été privés d’électricité.
La société d’État indique que 80 équipes supplémentaires ont été déployées au lendemain de la tempête pour accélérer le rétablissement du service.
Néanmoins, les réparations peuvent prendre un certain temps, puisque lors d’orages accompagnés de vents forts, le réseau subit des bris importants : les arbres qui tombent peuvent endommager les structures et des poteaux peuvent casser.
Pontiac
À Fort-Coulonge, l’orage est arrivé d’un coup vers 14 h.
Un résident a vu le phénomène météorologique imprévisible directement dans sa cour : d’abord la grêle, puis la pluie, ensuite les vents. Enfin, l’arbre dans sa cour a été complètement déraciné.
« J’ai eu vraiment peur pour nous autres. »
Justin Chabot.
À un moment donné, lui et son épouse craignaient que l’arbre tombe sur la maison, mais heureusement, il est tombé vers le chemin.
Toutefois, l’arbre bloquait la rue principale du village, ce qui empêchait les voitures de passer.
Ainsi, lors d’une accalmie, lui et son beau-frère se sont acharnés pendant plusieurs heures à couper des branches à l’aide d’une tronçonneuse et à retirer les débris.


À Mansfield-et-Pontefract, plusieurs résidents ont été privés d’électricité pendant plusieurs heures. Certains étaient même toujours privés d’électricité le 2 juillet, au lendemain de la tempête.
Certains résidents de l’île Frost ont également été coincés chez eux après la chute de fils électriques sur la seule route reliant leur secteur au reste du village.
Ces personnes utilisent des génératrices pour s’alimenter en électricité, mais selon la mairesse de Mansfield-et-Pontefract, Sandra Armstrong, elles risquent de manquer d’essence prochainement.
Gatineau
Le secteur ouest de la Ville de Gatineau a été plus durement touché que le secteur est : une quinzaine de refoulements d’égouts ont été recensés, des arbres ont été déracinés et des débris ont été éparpillés.
Cela étant dit, le Service de police de la Ville de Gatineau n’a enregistré aucun accident de la route.
Ottawa
Selon le maire, Ottawa connaît présentement l’une de ses pires inondations en 25 ans en raison de la quantité de pluie qui s’est abattue sur la capitale, deux fois plus élevée que le record précédent pour un 1er juillet.
Plus de 1 900 requêtes pour des résidences inondées ont été enregistrées jusqu’à maintenant au 311, qui peine à répondre à la demande.
Des artères routières, dont une portion de l’autoroute 417, ont aussi été inondées.

Au plus fort de la crise, 36 000 ménages ont été privés d’électricité; plus de 5 300 l’étaient toujours le 2 juillet en après-midi.
Même si les équipes d’Hydro-Ottawa étaient prêtes à intervenir dès que la tempête a éclaté, le rythme de déploiement a été considérablement ralenti en raison des éclairs et de la gravité des inondations locales.
L’accès aux infrastructures touchées en toute sécurité était donc difficile, ce qui expliquerait le rétablissement plus lent.
Le maire d’Ottawa a assuré que la Ville travaille à trouver des solutions pour aider les résidents touchés par cette tempête sans précédent, mais l’aide pourrait tarder.
À l’heure actuelle, il est ainsi difficile pour la Ville d’Ottawa d’estimer le moment où la situation reviendra à la normale, surtout qu’Ottawa surveille de très près la possibilité d’une autre tempête qui pourrait frapper la région le 2 juillet en soirée.
Avec les renseignements de Marika Gauthier.