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Plan de contingence pour le bloc opératoire à l’Hôpital de Gatineau : à quelques départs de sa mise en oeuvre

Camille Turgeon

Santé Québec Outaouais a préparé un plan de contingence selon lequel seules les chirurgies urgentes seraient prises en charge si la pénurie d’infirmières et d’anesthésistes au bloc opératoire de l’Hôpital de Gatineau devait s’aggraver. Les autres chirurgies seraient transférées à Montréal.

Même si Santé Québec Outaouais a tenté de se faire rassurant, l’instutition a admis n’être qu’à quelques départs de devoir mettre en oeuvre ce plan.

Selon le docteur Peter Bonneville, président du Conseil des médecins, dentistes, pharmaciens et sage-femmes à Santé Québec Outaouais, et la docteure Karine Lemyre, médecin de famille à Gatineau, ce scénario serait catastrophique.

« Les gens doivent comprendre que s’ils ne peuvent plus avoir accès à un bloc opératoire à l’Hôpital de Gatineau, tu ne pourras plus accoucher à l’Hôpital de Gatineau, tu ne pourras plus arriver avec un mal de ventre avec une possible appendicite à l’Hôpital de Gatineau. Tout s’écroule. Un hôpital ne peut pas survivre sans un bloc opératoire. »
Dre Karine Lemyre, médecin de famille, GMF Touraine.

Le Dr Bonneville a mis en garde qu’advenant ce scénario, où seules les chirurgies urgentes sont effectuées au bloc opératoire, les chirurgiens quitteront à leur tour.

À l’instar de plusieurs autres professionnels de la santé, les deux docteurs sonnent l’alarme pour que l’Outaouais cesse d’être sous-financée en santé.

« On va vous demander de faire deux heures de route pour aller faire ça dans la région montréalaise. Et les gens qui vivent ici, en Outaouais, à ce que je sache, payent les mêmes niveaux d’impôts que tout le reste de la province. »
Dr Peter Bonneville, président du Conseil des médecins, dentistes, pharmaciens et sage-femmes à Santé Québec Outaouais.

Ainsi, les professionnels du domaine réclament des mesures rapidement :

  • Primes à court terme pour encourager les personnes à venir travailler au bloc opératoire;
  • Formation de plus d’infirmiers et infirmières localement;
  • Autogestion des horaires des infirmiers et infirmières.

De plus, les infirmières veulent avoir droit à la même prime que toutes les autres infirmières.

Interpellé sur le sujet, le PDG de Santé Québec Outaouais, le Dr Marc Bilodeau, a affirmé être déjà en mode solution, lui qui veut éviter à tout prix de recourir au plan de contingence, élaboré pour prévoir le pire scénario.

Il a assuré que des mesures de rétention à court terme, comme offrir de la nourriture au personnel, seront mises en oeuvre rapidement.

Il travaille également à élaborer des solutions à moyen terme avec le syndicat, comme l’autogestion des horaires.

À plus long terme, il a reconnu que l’Outaouais devrait former et recruter davantage de professionnels de la santé.

« Il faut se mettre maintenant sur une trajectoire pour réussir à répondre aux besoins de la population maintenant et pour le futur. »
Dr Marc Bilodeau, PDG de Santé Québec Outaouais.

Selon des analyses effectuées par l’institution, en soins infirmiers seulement, il faudrait tripler les cohortes pour répondre aux besoins actuels et futurs, compte tenu le fait que la demande ne fait qu’augmenter et qu’un nouvel hôpital doit voir le jour au cours de la prochaine décennie.

Malgré tout, Karine d’Auteuil, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais, espère que Santé Québec Outaouais agira avant que la situation ne soit plus réparable.

Avec les renseignements de Louis-Charles Poulin.