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Taux d’inoccupation commerciale : le centre-ville de Hull la pire artère au Québec pour une deuxième année de suite

Camille Turgeon

Sur 67 artères étudiées dans le cadre de l’Étude d’inoccupation commerciale 2026, le centre-ville de Hull affiche un taux d’inoccupation commerciale de 19,3 %, ce qui en fait la pire artère de la province avec une dizaine de points au-dessus de la deuxième pire artère, la route de l’Église dans la capitale nationale (8,6 %).

L’étude publiée par un conseiller en recherches et analyses immobilière de la firme Côté, Mercier, Services de données brosse un portrait provincial : 11 régions et 67 artères commerciales ont été analysées pour recenser plus de 8 500 places d’affaires.

Taux d’inoccupation commerciale en 2025 et en 2026.

Le taux d’inoccupation au centre-ville a vu une hausse de 3,6 % pour s’établir à 19,3 %, ceux des boulevards Saint-Joseph et Gréber ont baissé de 5,2 % à 4,9 %, puis de 3,4 % à 2,7 % respectivement. Sur le chemin d’Aylmer-rue Principale, le taux demeure stable à 1,9 %.

D’ailleurs, le taux d’inoccupation commerciale en Outaouais est le plus élevé de la province.

Le haut taux au centre-ville de Hull, qui comprend les rues Laurier et Laval, le boulevard Maisonneuve et la promenade du Portage, pourrait être expliqué en raison de sa dépendance aux fonctionnaires fédéraux.

Selon Christian-Pierre Côté, pour améliorer la situation au centre-ville, il va falloir diversifier la clientèle en favorisant la venue de résidents pour que la vitalité du secteur soit moins dépendante des fonctionnaires fédéraux.

« On est très concentré, très dépendant d’une seule clientèle. »
Christian-Pierre Côté, conseiller derrière l’étude.

La diversification de l’économie au centre-ville fait également écho chez la présidente de la Commission développement économique de la Ville de Gatineau, Tiffany-Lee Norris-Parent, mais plutôt au moyen de créneaux stratégiques, comme la défense, l’agroalimentaire, la construction et la santé numérique.

Elle a précisé que les compressions budgétaires au gouvernement fédérales depuis la dernière année et demie ont eu des répercussions sur l’économie locale.

Des commerçants du secteur ne sont pas étonnés en raison du nombre élevé de pancartes qui affichent « À louer » au centre-ville.

« Ça fait six ans que je suis ici, puis où est-ce que j’étais, ça n’a jamais été reloué. Les loyers sont tellement chers, puis les gens ne veulent pas venir s’installer dans le Vieux-Hull. Ils vont aller vers Saint-Joseph, où est-ce qu’il y a du monde. Regardez ici, il n’y a pas de monde. »
Michel Jean Langevin, propriétaire de Chez Rose Fleuriste.

Malgré les résultats de l’étude, les acteurs économiques de la région demeurent optimistes.

Philippe Deschamps, directeur général de Vision Centre-Ville, n’a nul doute que la tendance se renversera; ce n’est qu’une question de temps. Selon lui, le secteur est en transformation.

Julien Chaput-Lemay, président de la Chambre de commerce de Gatineau, est du même avis.

Il soutient que le centre-ville de Hull s’est amélioré au cours des cinq à dix dernières années, notamment avec le projet Zibi et l’inauguration d’une épicerie.

« Je crois que c’est ça le futur du Vieux-Hull : ça va être un village urbain qui va être vivant, qui va être organique. »
Julien Chaput-Lemay.

Mme Norris-Parent penche dans le même sens.

Avec les sommes importantes investies dans les dernières années pour revitaliser le centre-ville et la mise en oeuvre de la Politique de développement commercial, récemment adoptée par la Ville de Gatineau qui doit notamment permettre de créer et d’attirer de nouveaux commerces, elle croit fort bien que le taux d’inoccupation baissera.

Avec les renseignements de Louis-Charles Poulin.